Extraits

Je ne romance pas votre vie. Je m’applique à ce que votre biographie soit celle que vous auriez pu écrire vous-même, à rester au plus près de votre parole. Vos proches apprécieront que votre témoignage soit naturel, sincère. Ils apprécieront de vous « reconnaître » derrière les mots !

Extraits reproduits ici avec l’autorisation des auteurs :

(…) J’ai probablement retenu une certaine rigueur de ces années de Séminaire. Je suis rigoureux et en même temps, j’ai toujours envie d’avoir fini avant d’avoir commencé ! (…) Je ne retournerai pas au Séminaire et ne regretterai jamais ce choix. J’étais sûr de moi, cela me semblait naturel de passer à autre chose. Par ailleurs, comme je l’expliquais quelques pages avant, il était très courant que des Séminaristes ne continuent pas jusqu’à la prêtrise. (…)

(…) Quand on a déménagé, Papa a tenu à emmener sa petite batteuse qui nous servait à battre le blé noir. Il avait vécu deux guerres et disait qu’on serait bien content d’avoir notre batteuse pour battre notre récolte s’il y avait une autre guerre. Mais heureusement elle n’a plus jamais servi. En 1958, les parents de ma future belle-soeur, G., ont fait venir la moissonneuse-batteuse pour leurs battages. Nous habitions alors au D., Maman était furieuse parce que cela nous a obligés à faire pareil par la suite. Tout le monde a fini par s’y mettre, c’était la fin des battages en commun et une autre époque commençait…
En l’espace de deux ans, les battages c’était terminé. C’était l’entrepreneur de travaux agricoles qui venait aider les fermiers avec sa moissonneuse-batteuse (au même titre que les batteuses venaient avec leur propriétaire). Le blé était directement vendu au marchand de grain. Les Cuma (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) sont arrivées un peu plus tard. Les gens n’avaient pas les moyens d’investir dans du matériel comme ça. Il n’y avait pas de subventions européennes, d’ailleurs, il n’y avait pas d’Europe ! (…)

(…) À l’école, il y avait quatre gros marronniers au milieu de la cour, et un préau au-dessous duquel était fixée une corde à monter. Pour avoir le Certificat d’études primaires, il fallait monter à cette corde, chose que je n’ai jamais réussi à faire, sauf le jour du Certificat ! (…)

(…) Nous faisions aussi des abécédaires, avec du coton rouge, et de l’initiation à la couture, des ourlets, des mouchoirs, le tout à la main. On nous distribuait des bons points quand nous avions une bonne note, ou des images, et puis des médailles d’honneur. Comme j’étais toujours dans les premières places, j’en ai eu quelques-unes… (…)

(…) Nous allions nous baigner à Conleau en famille. Parfois nous allions jusqu’à Arradon ! Nous prenions une plate conduite par une dame qui portait la coiffe du pays de Vannes. Elle ramait et nous déposait en face de Conleau. Nous longions la côte pour aller nous baigner après Roguedas, sur une belle petite plage où il n’y avait pas beaucoup de monde. Nous y passions la journée, avec le pique-nique. Et au retour, la passeuse nous faisait traverser dans l’autre sens et nous rentrions à pied, jusqu’à la maison. Cela faisait des bonnes journées ! (…)

(…) Pendant la guerre, mes parents étaient à Vannes. (…) Comme pour le chauffage, côté nourriture, ce n’était pas la joie. Nous avions les cartes de ravitaillement puisque tout était rationné, le pain, la viande… Ma mère coupait les rations de pain, mais elle se privait pour donner à ses enfants. Les œufs que nous arrivions à récupérer étaient conservés dans un charnier, dans du gros sel. Mon père fumait, il cultivait des plans de tabac dans le jardin et les faisait sécher. Nous devions nous débrouiller comme ça… (…)

(…) Nous faisions beaucoup de marche de nuit. Personne ne nous prévenait avant l’extinction des feux. Vers minuit, un coup de sifflet nous réveillait : « Debout ! Marche de nuit ! » Il fallait prendre le sac à dos, le fusil et partir par n’importe quel temps. Nous rentrions vers 6h du matin, dormions une heure et repartions pour une journée de manœuvres. Il fallait attendre le soir pour se reposer enfin.(…)

pf19

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